Les Phallales




Cet article est paru dans le bulletin SMMA n°15-1995

Jean Daniaud

LES PHALLALES.

C’est une famille remarquable pour deux raisons essentielles, d’une part la diversité et la beauté de ses formes, d’autre part l’unique odeur pestilentielle de tous ses membres.

Le spécimen type de cet ensemble est bien sûr le Phallus impudicus qui donne le nom de Phallale à ce groupe.

Ce champigon est typique par sa forme qui rappelle un sexe masculin en érection, d’où son nom de Phallus, dont la traduction littérale pourrait être phallus impudique, mais que l’on traduit par le nom français de satyre puant, qui note l’autre caractère, nauséabond, de ce champignon. D’autres l’appellent satyre des bois tel Montégut, pour indiquer le lieu habituel où il se trouve. Cependant on peut le voir également dans les pelouses.

Il naît d’un oeuf gélatineux qui peut être de la grosseur d’un oeuf d’oie. Si l’on fend cet oeuf, on voit un noyau blanc qui donnera au développement le pied et la tête du champignon. A ce stade,"l’amande" est comestible et rappelle un peu le goût du radis noir.

Pour la petite histoire, sachez que cet oeuf a une vitalité à toute épreuve. Il nous est arrivé d’en fendre un en deux pour observation et quelle ne fut pas notre surprise de trouver le lendemain deux moitiés de phallus bien développées !

A son stade mature, l’oeuf forme une volve au pied d’un stipe spongieux qui évoque un peu le polystyrène expansé. Il est coiffé d’un chapeau alvéolé qui ressemble à la tête d’un morillon. Cette tête, au début d’un blanc jaunâtre devient rapidement noir verdâtre et dégage une odeur de viande pourrie qui se sent à plusieurs dizaines de mètres à la ronde. Cette odeur doit être un leurre de premier ordre pour les mouches, car il n’est pas rare de les voir en nombre se délecter sur la tête de ce champignon.

La taille du Phallus peut atteindre 10 à 20 cm pour un chapeau de 4 à 5 cm. Les spores sont petites, 3 x 2 microns, ellipsoïdes jaunes verdâtres.

Très près du satyre puant, on trouve une forme méridionale qu’on appelle le Phalle d’Hadrien. Il se distingue du type par une volve rose au lieu de blanc crème. Le chapeau est un peu plus foncé, l’odeur un peu moins violente. C’est une variété que nous n’avons encore jamais rencontrée.

Moins rare dans nos régions, mais cependant rencontré une seule fois en forêt d’Aulnay, c’est le satyre du chien ou Mutinus caninus. Il se distingue des précédents par une volve plus allongée et plus petite, un pied bien plus malingre, 10 cm sur 0,8 cm et un chapeau rouge, l’odeur est également moins accentuée.

On trouve une forme méridionale du satyre du chien, nommée satyre élégant, non seulement la tête est rouge, mais également le pied.

Nous arrivons maintenant dans les formes spectaculaires des Phallales avec l’Anthurus archeri ou Clathrus archeri que Montégut traduit par « champignon étoilé » et d’autres par « Anthurus de l’archer » . C’est une magnifique étoile de mer de cinq à huit branches d’un beau rouge corail, sortant comme les autres Phallales d’un oeuf blanc. Sa partie fructifère gélatineuse, d’un vert noirâtre, est à l’intérieur superficiel des branches. Son odeur est identique aux autres membres de la famille.

C’est une espèce méridionale en provenance d’Australie qui a été introduite en France par l’importation des laines de mouton. On a constaté en effet son apparition autour des filatures des Vosges où il s’est parfaitement acclimaté et propagé, par la vallée du Rhône et de la Garonne, à tout le midi de la France. On le trouve maintenant dans nos régions.

Nous terminons enfin la famille par un dernier spécimen d’une grande beauté, le Clathrus cancellatus ou Clathrus ruber dit clathre cancellé ou rouge. Imaginez une orange dans laquelle on aurait dessiné les mailles d’un grillage, et vous aurez ainsi l’aspect de ce champignon. Lui aussi sort d’une volve blanche et sent très mauvais à maturité. Avant l’ouverture de l’oeuf, on devine déjà la résille orangée du champignon adulte. La partie fertile verdâtre se trouve à l’intérieur de "l’orange". C’est également une espèce méridionale. Nous espérons vous avoir donné ainsi un aspect assez complet de cette curieuse et spectaculaire famille de champignons.

NDLR : Les Phallales appartiennent aux Gastéromycètes.

Bulletin SMMA 1995 n°15


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